L’enfant de l’esclave - Réflexions sur la gestation pour autrui

Lundi 4 février 2013, par Julien CHAUVIERRE // Lectures

- Le souvenir de deux éminents professeurs accompagne ma réflexion sur la GPA et la PMA. Le courroux du Professeur Mallaurie à propos de la procréation médicalement assistée L’homme n’est ni un bouc, ni un taureau ! me fait encore sourire. Le Professeur Terré a tâché, l’année suivante, d’initier ses jeunes étudiants à la bioéthique.

- Avec le débat en France sur la gestation pour autrui et la procréation médicalement assistée, il convenait donc que je me replonge, vingt ans après, dans L’Enfant de l’esclave du Professeur Terré. C’est avec émotion que je prends mon exemplaire dédicacé.

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L’enfant de l’esclave / Professeur Terré


- Tout est dans le titre : la question des mères porteuses était déjà évoquée dans la Bible. Sarah ne donne pas de descendance à Abraham et offre alors sa servante égyptienne comme femme à Abraham, pour avoir par elle des enfants. Ismaël naîtra et sera chassé avec sa mère.

- Où et quand commence la personne humaine ? Est-elle passible de « contrats » comme ceux qui lieraient une mère porteuse à ceux qui « louent » ses services ? Face à ces questions - et à tant d’autres - que les « enfants de la science » imposent à la conscience contemporaine, on pourrait croire le Droit contraint d’improviser et de mener, derrière les savants une harassante et inquiétante course-poursuite.

- Il n’en est rien. Dans l’Antiquité déjà, les juristes s’interrogeaient sur le statut de l’enfant de l’esclave : appartenait-il au propriétaire de la mère tout comme les fruits d’un verger appartiennent au locataire ? La réflexion menée à ce sujet n’est pas sans enseignement pour le présent : parce qu’il se nourrit du temps et de la mémoire, le Droit est dans les actuels embarras de l’éthique, une référence salutaire.

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